Pain Of Salvation n’est pas un groupe facile à suivre. S’il bénéficie d’une promotion à la hauteur de ses qualités, et s’il profite d’une fanbase dévouée, ce n’est pas sans mal pour chaque partie. En effet, le groupe ne s’est jamais contenté de reproduire un schéma, de calquer un modus operandi d’un album à l’autre.

Créatif, on pourrait même aller jusque génial, son leader Daniel Gildenlöw repousse sans cesse les limites musicales de sa créature, qu’il est même difficile de cataloguer, si ce n’est par le mot-matière “progressif” qui lui va comme un gant. “Panther” est le onzième album du groupe, et ce qui ne change pas, c’est la volonté, le besoin pour le groupe d’entreprendre un nouvel album avec une optique globale. Ici, Pain Of Salvation s’intéresse au concept de normalité, ou plutôt au rejet des personnes n’entrant pas dans l’idée que la plupart des gens s’en font. Et ça commence très fort avec le magnifique premier titre « Accelerator » et son utilisation très personnelle du rythme. « Unfuture » démarre sur un riff blues / southern gothic pour le fondre à son univers. c’est globalement la façon de procéder du groupe ici ; prendre des éléments exogènes pour les faire siens, les triturant, manipulant et malaxant pour qu’enfin un cube rentre dans un cercle. Chaque titre est d’une créativité folle, et nul doute que le thème général n’a eu aucun mal à trouver écho dans les pensées du patron, qui doit avoir connu un rejet certain pour ses idées et opinions contrevenant à la pensée unique. Il suffit d’écouter attentivement les neuf titres de cet opus qui a nécessité deux ans de travail pour s’en rendre compte. C’est tant mieux, puisque c’est, comme beaucoup, ce que je viens chercher ici ; de la folie, de l’audace. Le fait qu’une plus grande part soit laissée à l’émotion (pour le coup, les ambiances passent devant les instruments ici) n’est pas pour me déplaire. Et même si on ne parviendra pas, une fois de plus, à tout assimiler et apprécier à la première écoute, « Panther » n’a absolument pas à rougir face à ses aînés, de ses expérimentations plus electro, son neo metal / rap progressif ou ses accalmies folk, c’est une (autre) dinguerie indispensable.(Marc - Saint Amand)OPAC Détail de notice